Et la politique alors?... Qu'en pensent les psychologues démunis?

Alors déjà, je vous arrête... Depuis minuit, plus de prosélytisme en faveur de l'un ou de l'autre, ça va diminuer les prises de catch à bras raccourcis. 


J'ai en ma possession un formidable recueil programmatique des "psys" publiés dans le non moins formidable "Psychologies".
"15 propositions aux candidats" situées entre un "culturogramme" s'intitulant "La jalousie me gâche la vie" et un autre sur la parentalité dans l'autisme. Freud est affublé d'un bonnet phrygien. Ambiance. 

On y parle éducation, yoga, dépistage, pornographie, maltraitance, GPA, démocratie, famille, et de bien d'autres choses, dans l'ordre ou le désordre.
"Attention à ne pas "tout psychologiser" non plus : ils ne résoudront pas le chômage, l'insécurité, la guerre des religions, la désinformation... (ouf! : ndlr) Mais leur expérience clinique et leur capacité à prendre en charge les individus pour les mettre sur le chemin de l'autonomie en font des citoyens engagés et éclairés".
Ok mais ça reste problématique un tel positionnement. Selon l'aphorisme d'Emmanuel Renault repris notamment par Georges Lapassade, il ne s'agit pas de psychologiser le social mais de politiser le psychologique. Gare au contre-sens ou aux égarements marxistes.

"Qu'est-ce que la psychologie?" s'interroge Canguilhem. Elle est avant tout une pratique et surement une sagesse ou une morale. Le "Bien", c'est ce qui réjouit le "Mal", Freud s'arrête là dans "L'avenir d'une illusion". L'école anglaise va plus loin, si l'on peut dire, avec la position schizo-paranoïde etc. Je conte une histoire rapide...
"C'est donc très vulgairement que la philosophie pose à la psychologie la question : dites-moi à quoi vous tendez, pour que je sache ce que vous êtes ? Mais le philosophe peut aussi s'adresser au psychologue sous la forme - une fois n'est pas coutume - d'un conseil d'orientation et dire : quand on sort de la Sorbonne par la rue Saint-Jacques, on peut monter ou descendre. Si l'on va en montant, on se rapproche du Panthéon qui est le conservatoire de quelques grands hommes, mais si l'on va en descendant on se dirige sûrement vers la préfecture de police". Toujours Canguilhem.

A quoi bon incarner une police morale en prenant le parti de faire de la psychologie une science appliquée de la politique et de l'éducation?

C'est bien ça la question. Je suppose que vous n'avez pas échappé à quelques sorties médiatiques de quelques "psys". Florilège :
Adriano Segatori, psychiatre italien est inclassable mais en dit long sur l'état de la psychiatrie italienne. Je vous laisserai vous débrouiller pour retrouver le lien de cette idiotie.

Cette position d'expert me paraît qui est plus contre-productive. Le 7 mai au soir, les "chantiers" seront encore nombreux. Et les psychologues démunis aussi. 

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