Université en ruines et ruines d'Université

Je crois qu'il faut saluer le travail réalisé par Héloïse Duché avec le désormais fameux Tumblr que chacun pourra apprécier ici : http://universiteenruines.tumblr.com/
Et pour préciser l'enjeu militant, quiconque sera à même de se renseigner ici : http://sciencesenmarche.org/fr/

Toutefois, nous pouvons regretter l'absence de clichés provenant du campus de Bron, Objet Architectural Non Identifié de l'Université Lumière Lyon 2. Quand éventuellement, la plupart des autres issus du dit Tumblr évoquent des souvenirs pour le moins semblables ainsi que des sentiments proches d'un dégoût mêlé de colère.

Alors, travaillons non sans mal notre mémoire et tentons de nous rappeler cette époque estudiantine peut-être intensément refoulée. J'ai d'ailleurs quelques archives pour nous y aider.




Novembre 2010, "Blocage de l'université". L'idée paradoxale de l'oeuvre post-moderne semble indiquer simultanément la volonté d'extraire le savoir de l'intérieur des salles de cours, représenté ici par le mobilier, et celle d'immobiliser la pensée. Pari réussi à l'époque, le campus a même été complètement fermé pendant plusieurs jours. Notons que les couloirs sont à peu près aussi bien isolés que les salles elle-mêmes. La température en cette époque de l'année peut paraître rude. Et elle l'est.



Présent ponctuellement jusqu'en 2014, date de la réfection/destruction du bâtiment. "Lignes d'écriture poétique sur fond gris". Oeuvre éphémère. Présente en différents coloris et un peu plus massivement dans les différents ersatz de toilettes laissées à l'abandon plus ou moins total.


Juillet 2013. "Effondrement". Allégorie des moyens universitaires. L'idée étant de faire autre chose à la place, puis peu à peu, de réhabiliter le reste. Date prévue de la fin des travaux : dans 10.000 ans.

Ce furent définitivement de belles années mais dans un environnement qui pour le moins laisse à désirer. Chacun, je l'imagine, en conviendra.

La magie universitaire, ce fut aussi se retrouver 50 dans une salle qui ne pouvait contenir "que 40 étudiants". La valse des chaises qui circulaient joyeusement d'un TD à un autre, jusqu'à ce que désespérée, la dernière personne malheureusement arrivée en retard parce que des feuilles étaient tombées sur les voies du tramway, ne préfère finalement s'asseoir par terre. Sans oublier les emplois du temps impossibles à concilier pour ceux qui téméraires, avaient choisi un double parcours, au sens universitaire mais malheureusement aussi physique, ayant pour principe d'alterner entre les deux campus éloignés par 30 bonnes minutes de transport. Et puis, ce furent également en vrac, les travaux permanents dans la bibliothèque, son extrême froideur, ou à l'inverse sa chaleur infernale et ses horaires toujours approximatifs, les secrétariats injoignables mais heureusement ouverts 2h par jour pour 600 étudiants en moyenne (!), les amphis au délabrement marqué, la disparition progressive de la COREP, service d'impression et de photocopie remplacé par... une dalle en béton, les sandwiches infâmes dealés à la sortie des bâtiments, le café particulièrement mauvais mais peu onéreux et bien sûr, l'incapacité massive de se construire un "esprit de promotion" à l'exception de la dernière année, puisqu'en lieu et place dominait et domine toujours, une foule mouvante en proie à l'abandon ou à la réorientation.

Pour autant, ce temps restera peut-être pour certains plus chaleureux que l'emploi convoité durant toutes ces années. Et puis, que dire de la recherche d'emploi? Résolument rien de plus enjoué, c'est entendu.

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