Sisyphe, allégorie psychologique

Tenir un blog, c'est sensiblement pareil que travailler sa recherche d'emploi, il faut se tenir à jour, écrire quelques missives, les jeter à l'eau, constater l'effet (généralement modéré) et puis recommencer, indéfiniment. Non, la situation de chercheur d'emploi n'est vraiment pas si différente de celle de Sisyphe poussant son rocher sur sa montagne d'inconfort, d'incertitude et d'oisiveté consentie. Camus disait d'ailleurs à juste titre dans son ouvrage qui porte le nom de ce héros, "Créer, c'est vivre deux fois."

Le quotidien de la recherche d'emploi, c'est relancer des associations et leurs structures qui deux ans auparavant refusaient de me prendre en stage pour pas un radis (ni un café) et qui aujourd'hui, lorsqu'elles me répondent, n'ont toujours pas besoin de moi. 

Aujourd'hui, j'ai reçu une réponse pour ma recherche d'emploi de la part d'une association qui m'a indiqué de nouvelles coordonnées pour effectuer ma demande de stage. VDM

A travers ma courte mais dense expérience de la candidature spontanée, j'ai pu constater que les réponses par retour d'e-mail apparaissent vite ou n'apparaissent pas. C'est un peu comme pour un enlèvement ; ce sont les premières heures qui sont décisives.

Si vous avez une impression de déjà vu à la réception de vos courriers de refus, ne craignez pas la déréalisation psychotique ou autre trouble de la personnalité, c'est bel et bien que les recruteurs ou leurs stagiaires, utilisent les mêmes tournures. Pour s'en convaincre, il suffit de googliser le début de la formule suivante : "Ayant néanmoins pu apprécier vos qualités au cours de cet entretien, je vous souhaite de trouver rapidement un emploi adapté à vos aspirations professionnelles".
Formule qui convient à toute sorte "d'emplois" et "d'aspirations", de l'équipier pour une enseigne de junk-food au chercheur en nanoparticules, en passant par le psychologue démuni. Pour la sincérité, on repassera.

Mais ça ne vous désespère pas trop de ne rien trouver? 

Poser la question, c'est déjà avoir une idée de la réponse. Et pour être franc, je répondrai que non, pas vraiment. Il ne faut pas plus craindre l'espace de liberté que le vide. L'un n'existe pas sans l'autre. Être patient, c'est reconnaître la double origine du terme "patior" ; subir et souffrir.

Et puis, si l'on s'égare sur la toile, en laissant son rocher garé en double file des flux ininterrompus d'informations plus ou moins constructives, on transite parfois par des forums de discussion plutôt amusants. Dans cette quête du partage d'expériences pour psychologues angoissés, et autres conseils de lectures ou d'outils, se logent aussi quelques demandes récurrentes. Il y a notamment celles du salaire, et des conditions de travail, en particulier pour le travail libéral mais aussi cette fameuse question.

Cette semaine, j'ai un entretien pour travailler dans un CHS/ une MECS / un SPIP / un EHPAD / un ITEP/ un SESSAD/ un CAMSP / une UHSA / un SMPR / une UMD / un EPM / un CMPE / un CMPA / un CMPP / un IME / une CLIS / une USLD / un SSR / un ESAT / un PAEJ / un IMP / un SAVS / un CEF / un FAM / une MAS / un CDDS / un CER / un CCAS / un CATTP / un CSAPA (Rayez les mentions inutiles) et je n'ai aucune expérience dans ce type de structure, quelqu'un pourrait me faire un retour de son expérience?

Une demande comme celle-ci me conduit à trois conclusions. Primo, il existe vraiment beaucoup de lieux de soin qui embauchent des psychologues. Deusio, il existe vraiment beaucoup de structures qui embauchent (ou tout du moins convoquent) des psychologues qui n'ont aucune expérience dans tel ou tel domaine. Tertio, les sigles et acronymes ont réellement une place trop importante dans la désignation des structures!...

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